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[nourrir] [emploi] Débattez sur le devenir de lemploi des jeunes agriculteurs


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  • Subject: [nourrir] [emploi] Débattez sur le devenir de lemploi des jeunes agriculteurs
  • Date: Tue, 22 Apr 2008 16:37:49 +0200

Titre **Débattez sur le devenir de l’emploi des jeunes agriculteurs**

*Question 2- Les agricultures familiales peuvent elles offrir un emploi aux 
jeunes actifs ruraux ?* http://www.nourrirlemonde.org/question2.php

°°°Résumé
Le monde compte 2,5 milliards d'agriculteurs, ce qui représente 41% de la 
population mondiale. Cette part de la population agricole est très différente 
d'une région du monde à l'autre et les surfaces moyennes exploitées par 
agriculteur sont également très hétérogènes.
L’augmentation de la production agricole pose la question du nombre d’actifs 
agricoles nécessaires ou souhaitables, et également celle du maintien d’une 
activité rurale ou d’une reconversion. De même, il faut dans chaque cas 
penser aux politiques publiques et d’investissement nécessaires pour mener à 
bien l’objectif d’augmentation de la production.
Nous avons demandé à un expert du Nord et un expert du Sud de contribuer au 
débat. Ils ont donné leur avis sur les liens entre augmentation de la 
productivité, exploitations familiales, et perspectives d’emploi des jeunes 
ruraux.
Retrouvez l’intégrale des interviews ci-dessous.°°°

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Le cadrage
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Le monde compte 2,5 milliards d'agriculteurs, ce qui représente 41% de la 
population mondiale. Cette part de la population agricole est très différente 
d'une région du monde à l'autre: 59% en Afrique subsaharienne, 55% en Asie et 
3% dans les pays industrialisés. Les surfaces moyennes exploitées par 
agriculteur sont également très hétérogènes: 42 ha dans les pays 
industrialisés, 1 ha en Asie et 5 ha en Afrique subsaharienne (données FAO).

Face à ces chiffres, 
- Faut-il passer par une augmentation des surfaces des exploitations 
agricoles pour arriver à une production globale plus importante?
- Ou bien faut-il passer par une augmentation de la productivité 
individuelle? En d'autres termes, l'augmentation des actifs agricoles ne 
peut-elle pas entraîner elle-même une hausse de la production? 
Dans les deux cas, à quelles conditions  peut se faire la hausse de 
production (formation, investissement, mécanisation...)?

Si une partie de la main d'oeuvre est libérée, comment garder un équilibre 
harmonieux des territoires? Des activités d'approvisionnement en intrants, de 
transformation et de petit commerce local devraient permettre d'offrir des 
emplois à la main d'oeuvre disponible. Une telle hypothèse est-elle réaliste? 
A quelles conditions en matière de politiques publiques et d'investissements 
peut-elle se réaliser?

Autrement dit, comment augmenter le revenu des ménages agricoles tout en 
stabilisant les populations en milieu rural? La pluriactivité peut-elle 
offrir des solutions? Y compris dans des activités hors des filières 
agricoles telles que l'enseignement, le petit commerce, l'artisanat, le 
crédit...?

Toutefois, tout le monde ne partage pas l'avis selon lequel l'exode rural est 
négatif: la création d'activités industrielles en milieu urbain peut générer 
du pouvoir d'achat et des besoins solvables en produits agricoles. Certaines 
situations de développement accéléré dans les pays émergents illustrent bien 
ce point de vue; c'est le cas de la Chine, où existent des pôles industriels 
et urbains ayant un pouvoir d'attraction  de main d'oeuvre considérable. Face 
à des situations de ce type, comment les pouvoir publics peuvent-ils 
raisonner des politiques d'accompagnement, comme par exemple des systèmes de 
formation ou de protection sociale?

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Interviews: deux avis
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Valda BRATKA est  docteur en économie à l'Institut national de l’économie 
agraire de Lettonie
Henri ROUILLE D'ORFEUIL est président de Coordination Sud, portail des ONG 
françaises de solidarité internationale.

Consultez les interviews complètes 
http://www.nourrirlemonde.org/question2itw-bra.pdf
http://www.nourrirlemonde.org/question2itw-rou.pdf


N’hésitez pas à réagir à ces interviews, en écrivant à 

 .

---L’intégrale des interviews---

1) *En tirant les leçons du passé, l’augmentation de la productivité en 
agriculture est elle incompatible avec le maintien d’un réseau dense 
d’exploitations familiales qui contribuerait par leurs activités à stabiliser 
l’emploi des jeunes actifs en zone rurale ?* 

> Valda BRATKA
« Affirmer que l’intensification et la modernisation de l’agriculture 
conduisent à la réduction du nombre d’actifs agricoles est faux. 
L’introduction de nouvelles technologies et la modernisation du processus de 
production nécessite entre autre l’achat de nouvelles technologies et des 
animaux domestiques plus productifs, ce qui accroît à travers les emplois 
générés dans le secteur para agricole, une augmentation des actifs agricoles.

En revanche, la modernisation des exploitations et l’augmentation de la 
productivité libèrent une partie de la main d’œuvre agricole. Sans 
alternative en matière d’emploi, celle ci migre alors vers les villes ou vers 
d’autres pays où les opportunités de trouver un travail et/ou une 
rémunération plus élevée sont importantes. 

L’expérience a montré que maintenir artificiellement des petites 
exploitations agricoles familiales peu productives n’est pas une bonne 
solution pour éviter les flux de migratoires. La plupart des exploitations 
agricoles familiales seraient en effet beaucoup trop vulnérables pour faire 
face à un retour inévitable de la concurrence et seraient alors condamnées à 
la faillite . »

>Henri ROUILLE D'ORFEUIL
« Tout dépend de quelle productivité on parle et du contexte dans lequel 
l’exploitation se situe. Outre la productivité du travail, il faut prendre en 
compte celle du capital et du foncier par exemple. La productivité s’apprécie 
aussi en terme de qualité du produit livré et d’impact sur l’environnement 
(émission de CO2, pollution des eaux …). Cette approche multidisciplinaire 
revêt d’autant plus d’importance que les facteurs de production retenus pour 
déterminer le niveau de productivité en agriculture sont rares.
En agriculture, il n’y a pas de contraintes d’échelle comme dans le secteur 
de la construction aéronautique, par exemple. Toutes les exploitations, 
quelles que soient leur dimension et leur orientation sont en mesure de 
produire. Les politiques agricoles à conduire privilégieront les petites, les 
moyennes ou les grandes exploitations, selon la rareté des facteurs de 
production et les priorités sociales fixées.
Or dans les pays où il y a 60% et plus de paysans(c’est à dire grosso modo, 
en Afrique sub-saharienne et en Asie), les hémorragies paysannes, que l’on 
identifie souvent comme des progrès de l’urbanisation, n’apportent souvent 
que des drames. Surtout si dans le même temps les capacités d’insertion et 
les autres secteurs non agricoles de l’économie ne se développent pas 
suffisamment. Dans de nombreux contextes de sous-emploi et de chômage de 
masse, l’exclusion de travailleurs sont pour la collectivité des facteurs de 
déstabilisation. »

2) *A quelles conditions une activité agricole exigeante en main d’œuvre 
est-elle compatible avec l’amélioration des conditions de vie et de revenus 
des jeunes actifs ruraux et de leur famille?* 

> Valda BRATKA
« Des marchés stables et rémunérateurs sont essentiels au maintien de jeunes 
actifs en zone rurale. C’est à cette condition que les rémunérations offertes 
seront attractives.  

Des infrastructures de qualité (routes) et le maintien des services publics 
(écoles, services médicaux, vie culturelle) sont aussi nécessaires pour 
rendre la vie en zone rurale attrayante. Sinon, leur désertification est 
inévitable. »

>Henri ROUILLE D'ORFEUIL
« Régulation des marchés et des prix agricoles, maîtrise de l’offre, 
solvabilité des consommateurs pauvres.. sont certaines conditions parmi 
d’autres à remplir pour qu’une agriculture exigeante en main d’œuvre 
contribue à l’amélioration des conditions de vie et des revenus des paysans, 
des plus jeunes en particuliers. 
Or 850 millions de consommateurs ont faim chaque jour. Et leur nombre 
augmente en flèche d’où les émeutes dans de nombreuses villes du Sud du 
Monde. Mais qui doit prendre alors en charge leur nourriture ? La solidarité 
locale, nationale, internationale ? 
Une réponse est sûre : pas les paysans. Ils faut qu’ils puissent se rémunérer 
décemment sur la vente de leurs produits. Produire gratuitement la nourriture 
nécessaire pour les 850 millions d’affamés est exclu. 
En fait la question posée par la pauvreté de masse n’est pas, à moyen terme, 
celle de la gratuité des biens de première nécessité, mais celle de 
l’insertion des exclus dans l’économie et de la progression de leurs revenus. 
Ce qui contribuera à améliorer, par ricochet, le revenu des paysans. »

3) *La pluriactivité n’offrirait elle pas un cadre pour maintenir un tissu 
rural dynamique et attractif pour permettre à des actifs ruraux d’élaborer 
des projets de vie ?*

> Valda BRATKA
« Les petites exploitations familiales ne peuvent survivre qu’en développant 
des activités spécifiques à forte valeur ajoutée: production biologique, 
tourisme rural. La richesse de la Lettonie, c’est son environnement : ses 
eaux pures et abondantes, de belles forêts, une densité de population faible. 
C’est un cadre de vie idéal pour offrir une multitude de prestations de 
services de qualité et accroître ainsi les revenus des paysans. 

Répartir les soutiens publics versés par l’Union européenne en fonction des 
services rendus par les agriculteurs pour protéger l’environnement 
contribuerait aussi à augmenter les revenus des petites exploitations 
familiales et à retenir la population active en zone rurale. A condition 
cependant que la population soit prête à ce que ces services soient rémunérés.

Dans le contexte de prix actuel, le découplage des aides, qui repose sur des 
références historiques, accroît les disparités de revenus entre les 
exploitations des anciens et les nouveaux membres de l’Union européenne. Les 
critères d’attribution des aides ne prennent pas suffisamment en compte la 
main d’œuvre disponible dans les exploitations. »

>Henri ROUILLE D'ORFEUIL
« La pluriactivité est une réponse au maintien d’un tissu rural dynamique. 
C’est un moyen pour un paysan insuffisamment occupé sur son exploitation de 
compléter ses revenus grâce à des activités qui prolongent celle de 
producteur agricole ou qui se juxtaposent. 
Mais dans certains pays d’Amérique du Sud, la pluriactivité traduit la 
concentration des moyens de production agricole qui pousse le petit paysan à 
exercer une autre activité. Ailleurs, elle peut aussi être la conséquence 
d’une pénurie de travail dans d’autres secteurs d’activité. »

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Bibliographie
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> Demain, encore des jeunes agriculteurs motivés ? (documents .pdf)
Inter-Réseaux, Revue Grain de sel n°38 - mars - mai 2007
Voir en particulier l'éditorial et le dossier "Demain, encore des jeunes 
agriculteurs motivés ?"
http://www.inter-reseaux.org/rubrique.php3?id_rubrique=456


Bonne lecture,

Mathilde, pour l'équipe de coordination.


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