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[nourrir] [trade] SYNTHESE HEBDOMADAIRE 1- la hausse des prix une opportunitérisquée?


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  • Subject: [nourrir] [trade] SYNTHESE HEBDOMADAIRE 1- la hausse des prix une opportunitérisquée?
  • Date: Mon, 28 Apr 2008 17:11:29 +0200


Titre**Les producteurs locaux pourraient bénéficier de la hausse des prix 
mondiaux si les contraintes du côté de l’offre sont levées, s’ils 
s’organisent et si le fonctionnement des marchés est amélioré. **

°°°Résumé
Il apparait que la hausse des prix internationaux est une opportunité soumise 
à de nombreuses conditions. Tout d’abord, les Etats sont incités à répondre à 
court terme aux besoins des consommateurs, mais il ne faut pas qu’ils mettent 
de côté les producteurs. Ensuite, les conditions nécessaires du côté de 
l’offre sont de lever les contraintes à l’augmentation de la production, de 
permettre aux producteurs de valoriser les produits traditionnels 
(‘transmission’) locaux et de trouver des financements pour augmenter leur 
capacité de production. Enfin, la faible organisation des producteurs et des 
filières est limitante. Les organisations de producteurs doivent s’affirmer 
et il est nécessaire d’améliorer le fonctionnement des marchés (le modèle de 
l'UE entre 1958 et 1992 est cité). 
Des questions restent en suspens : Comment lever les contraintes à 
l’augmentation de la production ? La ‘transmission’ des prix entre les 
marchés internationaux et les marchés locaux est-elle garantie ? Dans cette 
conjoncture favorable de haut prix agricoles, le problème de la volatilité 
des prix agricoles a-t-il disparu ? Quelles sont les politiques publiques qui 
permettraient aux agriculteurs de bénéficier au niveau local de la hausse des 
prix internationaux ? °°°

Cette semaine en réponse à la question 1 : Quelles sont les chances des 
productions locales dans un contexte caractérisé par les marchés mondiaux 
porteurs ?

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*Une opportunité, oui, mais soumise à de nombreuses conditions*
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Il apparait que « l'accroissement du coût des matières premières agricoles 
peut s'avérer une véritable chance pour l'agriculture familiale car il permet 
un rattrapage des prix agricoles trop longtemps sous-valorisés» (Henri 
CLAVIER, directeur général adjoint de la SODECOTON), mais il ressort des 
premiers débats de la semaine que les conditions ne semblent aujourd’hui pas 
réunies pour que les productions locales bénéficient pleinement de la bonne 
conjoncture des marchés mondiaux. 
La manne que représente la hausse des produits agricoles pourrait même 
échapper aux petits paysans du Sud. «En effet, le prix des intrants et 
particulièrement celui des engrais connaît une hausse vertigineuse, que rien 
ne semble arrêter et qui est totalement déconnectée de l'augmentation du prix 
des produits agricoles que peuvent proposer l'industriel ou le négociant au 
paysan », déplore Henri CLAVIER. « Le petit producteur pourrait alors se 
retrouver dans une situation pire que celle qu'il connaissait avant 
l'amélioration du prix des matières premières agricoles sur le marché », 
ajoute-t-il.

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*Des mesures à court terme en faveur des consommateurs, mais sans oublier les 
producteurs* 
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Selon les premiers contributeurs de la semaine, les gouvernements, confrontés 
à des situations d’urgence, telles que les émeutes de la faim, la 
satisfaction des besoins des consommateurs pourrait même devenir la priorité 
des gouvernements, quitte à sacrifier les petits paysans. 
Michel PETIT redoute du reste que « la colère des consommateurs soit si forte 
qu'elle entraîne de nouvelles réactions impulsives des pouvoirs publics, 
nuisibles à moyen terme mais compréhensibles à court terme, comme on le voit 
déjà dans de nombreux pays depuis quelques semaines, allant jusqu'à des taxes 
élevées ou même des embargos sur les exportations ».
« Quoiqu'il en soit, en attendant des constructions plus ambitieuses, il 
faudrait éviter d'attribuer une aide alimentaire à ces Etats sans assurer, en 
même temps, un débouché aux productions de leurs agriculteurs », déclare ce 
son coté Joseph MARCHADIER, ancien directeur adjoint de l'ITCF.
Henri CLAVIER rappelle qu’il est nécessaire d’envisager des mesures de 
soutien, mais qu’elles peuvent être soit en faveur du producteur, soit en 
faveur au consommateur, selon qu’il faille atténuer l’augmentation de prix 
des intrants ou des produits agricoles. 

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*Les conditions du coté de l’offre*
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Lever les contraintes à l’augmentation de la production est une condition 
avancée pour faire bénéficier les petits paysans de la bonne conjoncture des 
prix. En effet, « Sans production à vendre, des prix élevés ne sont pas très 
intéressants pour les producteurs », fait remarquer Michel PETIT.

Le niveau élevé des prix des produits importés est une occasion à saisir pour 
permettre aux producteurs de valoriser les produits traditionnels, peu 
échangés sur le marché mondial, et qui restent meilleur marché que les 
céréales. Cette valorisation est un des éléments de la ‘transmission’ des 
prix des marchés mondiaux vers les marchés locaux.
Selon Nicolas SALLIOU, « l'âge d'or des productions locales viendra le jour 
où le déclin de la production pétrolière poussera à une relocalisation des 
productions. Les estimations du pic pétrolier (par exemple, CNOOC la 
compagnie d'état chinoise le situe entre 2005 et 2010) donnent à ce scénario 
une pertinence à court terme ». 

La recherche de financements est évoquée au cours du débat comme moyen 
d’augmenter les capacités de production. Le modèle de développement de 
l’agriculture des pays riches qui ont bénéficié d’importants fonds publics 
pourrait être pris en exemple, souligne Bernard Bachelier. Mais ils 
reposaient sur la durée. « Or beaucoup de projets de bailleurs de fonds sont 
prévus sur des durées trop courtes qui ne laissent pas le temps aux 
professionnels agricoles d'acquérir l'autonomie financière », déplore-t-il.

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*Le problème de la faible organisation des producteurs et des filières, la 
nécessité d’une organisation de marché*
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L’accès aux moyens de production, nécessaires pour que les producteurs 
bénéficient de la hausse des prix, soulève la question du rôle et de la place 
des organisations agricoles. 
« Que peuvent dire les organisations agricoles pour montrer [que] en tant 
qu'institutions, elles sont aujourd’hui en mesure de gérer ces fonctions 
d'accès aux moyens de production ? », s’interroge Bernard Bachelier.

Les  contributeurs de la semaine évoquent la faible organisation des 
producteurs pour expliquer leurs difficultés à profiter de la hausse des 
prix. Nicolas SALLIOU résume ainsi la situation : « Faiblement organisés, ils 
se retrouvent d'un coté dominés par des oligopsones et de l'autre par des 
Etats dont les politiques sont surtout orientées vers le transfert de 
richesses du secteur agricole, vers l'industrialisation et également vers 
l'exportation, du fait d'une dette qui les rend dépendant des devises 
acquises sur le marché extérieur ». En fait, à travers ces propos se pose le 
problème de la juste répartition des marges entre le petit producteur, 
l'industriel et le négoce. Mais encore faut il savoir, explique Henri 
CLAVIER, ce qu’on appelle « une juste répartition quand on sait que si le 
négoce n'est pas intéressé, il n'achètera pas, l'industriel ne produira pas 
et le petit producteur ne trouvera pas de débouchés pour sa production ». 
En attendant, le débat offre une occasion pour faire des propositions visant 
à améliorer le fonctionnement des marchés. Joseph MARCHADIER estime que « 
seule une organisation de marché de même nature que celle pratiquée par l'UE 
entre 1958 et 1992 est capable de résoudre cette équation ». « Mais au niveau 
international, « on sent mal la volonté réelle d'aller dans cette direction 
», ajoute-il.

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*Les questions en suspens* 
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-Comment lever les contraintes à l’augmentation de la production ?
-La ‘transmission’ des prix entre les marchés internationaux et les marchés 
locaux est-elle garantie ? A quelles conditions aura-t-elle lieu? De 
nouvelles contributions remettent en question cette supposition.
-Dans cette conjoncture favorable de haut prix agricoles, le problème de la 
volatilité des prix agricoles a-t-il disparu ? Ne peut-il pas maintenir les 
agriculteurs dans une situation de minimisation des risques qui les 
empêcherait de pleinement en profiter ?
-Quelles sont les politiques publiques qui permettraient aux agriculteurs de 
bénéficier au niveau local de la hausse des prix internationaux ? Quel est le 
rôle du gouvernement dans la réconciliation des intérêts des producteurs et 
intérêts des consommateurs?


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