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[nourrir] [emploi] Vers des Ecoregions et des micro-entreprises rurales, une gouvernance est necessaire


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  • From: Rene MOONENS < >
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  • Subject: [nourrir] [emploi] Vers des Ecoregions et des micro-entreprises rurales, une gouvernance est necessaire
  • Date: Wed, 30 Apr 2008 16:20:55 +0200

Titre **Vers des Ecorégions et des micro-entreprises rurales, une gouvernance 
est nécessaire**

°°° René MOONENS, administrateur du Centre Régional du  Développement Durable 
-CRDD, réagit à trois sous-questions de la question 2.
1.Tout d’abord, il répond à la question sur la compatibilité entre 
augmentation de productivité et maintien d’un réseau dense d’exploitations 
familiales : 
Selon lui, l’agriculture a connu, dans les pays du Nord, plusieurs vagues 
d’augmentation de productivité, d’abord par la mécanisation, puis sous 
l’impulsion de la PAC (Politique Agricole Commune), par l’utilisation de plus 
d’intrants, l’agrandissement des exploitations par la réduction du nombre 
d’actifs et enfin l’intensification de l’élevage. Selon le CRDD, les 
consommateurs commencent à s’interroger sur la durabilité du système actuel. 
Le CRDD affirme qu’il faut rétablir, dès aujourd’hui, des structures rurales 
qui puissent, par une agriculture diversifiée, assurer l’approvisionnement 
alimentaire de la population locale ainsi qu’à une population citadine 
périphérique. Cette restructuration rurale doit s’accompagner du 
développement d’une nouvelle culture de la consommation des citadins basée 
sur des produits alimentaires locaux et saisonniers. Elle nécessite un 
développement économique rural durable, tel que préconisé par l’Union 
européenne, et basé sur le concept d’Ecorégions que René MOONENS présente. Il 
conclue que l’augmentation de la productivité en agriculture n’est pas 
incompatible avec le maintien de réseaux denses d’exploitations familiales. 
Celui-ci contribuerait à stabiliser l’emploi des jeunes actifs en zone 
rurale. En effet, selon lui, l’accroissement de ce réseau dense 
d’exploitations familiales deviendra probablement indispensable dans le 
contexte mondial. Cet accroissement implique le recours, dès aujourd’hui, à 
une nouvelle gouvernance assurant aide et soutien aux jeunes désireux 
d’entreprendre une carrière dans l’agriculture paysanne durable ou dans 
l’agriculture biologique.
2.Ensuite, concernant la compatibilité entre activité agricole exigeante en 
main d’œuvre et amélioration des conditions de vie et de revenus des jeunes 
actifs ruraux et de leur famille : 
René MOONENS répond que la combinaison entre des exploitations agricoles 
familiales durables et des micro-entreprises de conditionnement et de 
transformation des produits locaux est une solution. Mais cela nécessite 
également une gouvernance adaptée tournée à la fois vers le consommateur et 
les jeunes producteurs.
3.Enfin, en ce qui concerne la pluriactivité, il est d’avis qu’elle 
représente une charge de travail trop importante pour des actifs agricoles 
travaillant à plein temps et ne peut prendre la forme que d’une 
micro-entreprise commerciale organisée en coopérative agricole à laquelle 
participeraient les producteurs d’une région bien déterminée.°°°

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Question n°2: Les agricultures familiales peuvent-t-elles offrir un emploi 
aux  jeunes actifs ruraux ?
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->*1.En tirant les leçons du passé, l’augmentation de la productivité en 
agriculture est-elle incompatible avec le maintien d’un réseau dense 
d’exploitations familiales qui contribuerait par leurs activités à stabiliser 
l’emploi des jeunes actifs en zone rurale ?*
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*1.1.Une évolution vers une agriculture insoutenable* 

L’agriculture a connu, dans les pays du Nord, plusieurs vagues d’augmentation 
de productivité. Dans l’immédiate période d’après seconde guerre mondiale, 
suite à l’augmentation pressante de la demande en produits alimentaires, les 
agriculteurs ont été amenés à se mécaniser davantage, pour augmenter leur 
productivité, sans qu’il ne se produise un transfert important de la main 
d’œuvre agricole vers les autres secteurs de l’économie.

Ensuite, encouragés par la « Politique commune agricole -PAC » les 
agriculteurs ont progressivement augmenté leur productivité en utilisant de 
plus en plus de produits phytosanitaires et d’intrants. Prisonniers de la 
spirale de l’accroissement de productivité par la modernisation de leurs 
équipements, bon nombre de petits agriculteurs, ont alors été contraints de 
cesser leurs activités, car surendettés. Ils ont cédé leurs terres aux grands 
producteurs. Grands producteurs qui se sont spécialisés en réduisant la 
biodiversité de leurs cultures et en tendant vers la monoculture intensive. 
Cette évolution du monde agricole s’est soldée par une importante réduction 
de l’agriculture dite familiale et de la main d’œuvre agricole en général. 
Main d’œuvre qui ne pu être récupérée dans le secteur du maraîchage. Car le 
maraîchage connu dans nos régions, au même moment, une crise profonde liée au 
développement, notamment dans les pays méditerranéens, d’un maraîchage 
intensif, hors sol, et sous serres. Le développement concomitant du transport 
routier permit alors d’inonder nos marchés de productions vivrières en toute 
saison. 

Les grands producteurs ont ensuite intensifié leur élevage en orientant leurs 
cultures vers la production de céréales pour bétail. Le pays (°Note du 
modérateur : la Belgique°) est devenu ainsi dépendant de ses importations de 
céréales panifiables. L’industrie agroalimentaire a poursuivi sa dérive vers 
des denrées alimentaires standardisées, insipides mais parfaitement 
aseptisées, favorisant le « fast-food » au détriment du « slow food ».

Aujourd’hui, suite à la déplétion pétrolière d’une part, suite au changement 
climatique en cours, d’autre part, les consommateurs commencent à 
s’interroger quant à savoir comment notre approvisionnement en denrées 
alimentaires va pouvoir se poursuivre, alors que bon nombre de produits 
alimentaires nous parviennent de contrées éloignées soit par camions, par 
bateaux ou par avions ? 

Nos pays du Nord sont-ils en mesure d’assurer notre sécurité 
d’approvisionnement en denrées alimentaires, alors que la culture diversifiée 
pratiquée précédemment pas les petits agriculteurs a pratiquement disparue ?
Dans quelle mesure l’épuisement progressif des ressources naturelles lié à la 
monoculture intensive ne va-t-elle pas, à la longue, réduire fortement la 
productivité des entreprises agricoles fortement motorisées ?
La société ne va-t-elle pas avoir besoin de petits paysans pratiquant une 
agriculture diversifiée et de proximité ?

 Il n’est pas certain que le scénario catastrophique, évoqué par cette série 
d’interrogations, soit à l’image d’une réalité future, que personne n’est en 
mesure, d’ailleurs de préciser aujourd’hui avec exactitude. Le CRDD considère 
que dans ce cas le principe de précaution doit  prévaloir. Il faut, dès ce 
jour, se préparer à rencontrer une réalité qui pourrait s’approcher de ce 
scénario. 

*1.2.Les recommandations du CRDD : vers des Ecorégions*

Nous devons rétablir, dès aujourd’hui, des structures rurales qui puissent, 
par une agriculture diversifiée, assurer l’approvisionnement alimentaire des 
régions et compenser, voire remédier à :
*la perte de la maîtrise régionale de la production alimentaire suite à la 
disparition progressive des petites exploitations agricoles pratiquant une 
agriculture paysanne durable ou biologique durable, respectant la 
biodiversité et n’étant pas inféodée à l’industrie agroalimentaire; 
*la disparition des petits commerces locaux et l’implantation de commerces de 
grande surface ; 
*la pollution des ressources hydriques et à l’épuisement des sols. 

Cette restructuration rurale doit s’accompagner du développement d’une 
nouvelle culture de la consommation dans le chef des citadins et autres, par :
*la consommation de produits alimentaires de saison ; 
*la consommation de produits frais et savoureux ; 
*la consommation de produits locaux. 

Cette restructuration nécessite un développement économique rural durable, 
tel que préconisé par l’Union européenne, mais qui n’a de sens que si son 
agriculture locale est en mesure de répondre aux besoins alimentaires de base 
indispensables à la population locale ainsi qu’à une population citadine 
périphérique. 
 
Il apparaît donc comme indispensable de circonscrire certaines régions comme 
entités macro-économiques en corrélation avec des entités de production 
alimentaire ; des Ecorégions. ( Ecorégions telles que préconisées par 
Emmanuel Bailly, diplômé Ingénieur en Environnement de l’ENSI de Limoges, 
Directeur des programmes énergie  au sein de l’ALDER, gérant de la Société 
Ecorégion Concept & Territoires…
http://www.biodiversite2007.org/IMG/pdf/EB_Eco_regionalite-1.pdf ;)
 
Ces Ecorégions doivent pour cela s’appuyer sur une agriculture paysanne 
durable ou agriculture biologique durable et de proximité, soucieuse de la 
biodiversité:
*se déployant dans une logique pérenne intergénérationnelle soutenable pour 
les écosystèmes ;
*permettant, notamment, d’assurer localement la gestion des ressources 
naturelles, une certaine autonomie énergétique, ainsi qu’une empreinte 
écologique modérée ;
*permettant le développement  de liens privilégiés entre paysans par des 
échanges et une certaine coopération en, vue de constituer une plus grande 
masse critique en termes de capacité de production, transformation, 
commercialisation ;
*permettant une meilleure gouvernance locale, au sein d’un maillage 
d’Ecorégions proches, entre l'agriculture, l'économie locale et la 
consommation locale.

Ces Ecorégions devraient permettre:
*de bannir la culture intensive ainsi que la culture hors sol ;
*la pratique d’une culture extensive diversifiée adaptée aux besoins des  
régions ;
*la production de variétés végétales ou de races animales du terroir ou 
anciennes ;
*la consommation d’une alimentation transformée au plus près de son lieu de 
production dans des micro-entreprises de manière à obtenir une forte valeur 
ajoutée par la vente de leurs productions.
Ces micro-entreprises seraient organisées en coopératives agricoles telles 
que préconisées dans la Décision (2006/144/CE) du Conseil de l’Union 
européenne, du 20 février 2006, relative aux orientations stratégiques de la 
Communauté pour le développement rural (période de programmation 2007-2013), 
notamment en ce qui concerne la politique de développement rural future 
centrée sur trois domaines fondamentaux : l’économie agroalimentaire, 
l’environnement et la population rurale.

*1.3.Conclusions :*

-L’augmentation de la productivité en agriculture n’est pas intrinsèquement 
incompatible avec le maintien, voire même, avec l’accroissement, de réseaux 
denses d’exploitation familiales qui contribueraient à stabiliser l’emploi 
des jeunes actifs en zone rurale.
D’ailleurs, cet accroissement de réseaux denses d’exploitation familiales 
deviendra probablement indispensable, compte tenu de l’accroissement de la 
population mondiale, de l’ouverture de grands états à la consommation, des 
conséquences futures des aléas liés à la déplétion pétrolière et au 
changement climatique en cours, qui mettent déjà actuellement notre 
approvisionnement en danger. Dans cette perspective ce dont la population 
aura besoin, tant dans les pays du Nord que du Sud, ce sont des agriculteurs 
produisant des denrées diversifiées, de base et adaptées aux habitudes 
alimentaires locales, que la monoculture intensive ne peut fournir. Demain, 
il sera impératif de pouvoir produire des aliments de base, localement et en 
quantité suffisante  pour nourrir le monde et non pas de pouvoir maintenir à 
tout prix la rentabilité des investissements consentis par la pratique à 
grande échelle d’une agriculture intensive peu diversifiée. 

-Cet accroissement des  réseaux d’exploitations familiales, implique le 
recours, dès aujourd’hui, à une nouvelle gouvernance assurant aide et soutien 
aux jeunes désireux d’entreprendre une carrière dans l’agriculture paysanne 
durable ou dans l’agriculture biologique.
Notons que dans cette perspective, il n’est pas nécessaire d’accroître la 
surface des terres arables notamment par la destruction des forêts pour 
arriver à une production globale plus importante. 
Mais, il est nécessaire dans les pays du Sud de redistribuer les bonnes 
terres arables,  et dans les pays di Nord de  réorienter certaines  pratiques 
agricoles et d’éviter certains gaspillages au niveau de la consommation.
Comment peut-on supporter plus longtemps le gaspillage des céréales pour la 
fabrication  d’agrocarburants, comment supporter plus longtemps le gavage des 
bovins par des céréales, pour obtenir des viandes simplement plus tendres ? 
Comment supporter plus longtemps la misère qui sévit dans les pays pauvres du 
Sud, alors que les bonnes terres sont exploitées par les grandes entreprises 
agricoles, non pas pour alimenter la population locale, mais pour exporter 
des céréales destinées à la production d’agrocarburants permettant aux pays 
du Nord  à poursuivre leur pollution par l’usage inconsidéré de véhicules à 
moteur à explosion ?

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>*2.A quelles conditions une activité agricole exigeante en main d’œuvre 
>est-elle compatible avec l’amélioration des conditions de vie et de revenus 
>des jeunes actifs ruraux et de leur famille?*
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Une activité agricole, telle que l’agriculture paysanne durable ou 
l’agriculture biologique ou de maraîchage traditionnel au sol, complétés par 
le développement de micro-entreprises qui sont susceptibles d’apporter une 
forte valeur ajoutée par la vente de leurs productions . Valeur ajoutée qui 
est actuellement détournée en majeure partie au profit des entreprises 
agroalimentaires et des circuits de distribution. 
Le développement de ces micro-entreprises de conditionnement et/ou de 
transformation des denrées alimentaires produites localement et nécessitant 
une main d’œuvre plus importante que la monoculture intensive ou l’élevage 
intensif, peut donc être compatible avec l’amélioration des conditions de vie 
et de revenus des jeunes actifs ruraux et de leur famille. 

Cette compatibilité exige cependant le développement d’une gouvernance locale 
adaptée. Une gouvernance qui, s’adressant aux consommateurs, encouragerait le 
changement de comportement et la modification des mentalités. Une gouvernance 
qui, s’adressant aux jeunes actifs ruraux les encourageraient à entreprendre 
ce genre d’agriculture  et les aiderait sur le plan financier.  

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 >*3.La pluriactivité n’offrirait-t-elle pas un cadre pour maintenir un tissu 
 >dynamique et attractif pour permettre à des actifs ruraux d’élaborer des 
 >projets de vie?*
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Dans les pays du Nord la pluriactivité pratiquée dans le cadre de 
l’agriculture paysanne ou de la bioagriculture familiale de proximité centrée 
sur une activité complémentaire telle que la vente directe à la ferme ou 
telle que le tourisme à la ferme, présente une charge de travail trop 
importante au cas ou cette activité agricole est exercée à temps plein par un 
seul couple de personnes.
La vente à la ferme n’est possible que moyennant son insertion dans une 
micro-entreprise commerciale organisée en coopérative agricole à laquelle 
participeraient les producteurs d’une région bien déterminée. (cfr 
http://www.coprosain.be ;).


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