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- Subject: [nourrir] [trade] produire plus et mieux au Nord comme au Sud pour relever a la fois le defi alimentaire et le defi de la chimie verte
- Date: Wed, 30 Apr 2008 16:41:09 +0200
Titre ** Produire plus et mieux au Nord comme au Sud pour relever à la fois
le défi alimentaire et le défi de la chimie verte**
°°°Jean-Claude GUILLON, Dr Affaires Institutionnelles & Communication du
Groupe Limagrain, se présente et répond à la question 1. Selon lui, la hausse
des prix est nécessaire pour les agriculteurs, et constitue un rattrapage par
rapport à l'anomalie de prix mondiaux excessivement bas qui a caractérisé la
dernière décennie. Par contre, la volatilité est un risque pour les
consommateurs comme les producteurs et il faut la gérer notamment par la
gestion des stocks et des marchés. Par ailleurs , la condition nécessaire
pour que les agriculteurs augmentent leurs productions est une politique
agricole ad hoc. Enfin, selon lui, il n'y a pas d'antagonisme entre
l'activation des capacités de production des grands pays exportateurs et
l'activation des capacités de production des pays du Sud : elles sont toutes
deux nécessaires si l'on veut "produire plus et mieux" pour relever à la fois
le défi alimentaire et le défi de la chimie verte.°°°
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Présentation
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Je suis Jean-Claude GUILLON, Dr Affaires Institutionnelles & Communication du
Groupe Limagrain. Je suis membre du Conseil d'administration de FARM dont
Limagrain est membre fondateur.
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Question 1 : Quelles sont les chances des productions locales dans un
contexte caractérisé par les marchés mondiaux porteurs ?
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Bonjour,
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*La hausse des prix va-t-elle se poursuivre et profiter aux agriculteurs des
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pays du Sud ?*
Je partage le point de vue de Ndiougou FALL : la hausse des prix actuelle
traduit d'abord un rattrapage par rapport à l'anomalie de prix mondiaux
excessivement bas qui a caractérisé la dernière décennie. Cette hausse est
absolument nécessaire pour que les agriculteurs, où qu'ils se trouvent dans
le monde, puissent vivre décemment de leurs productions. Cette hausse
est-elle durable ? Pas sûr ! La seule chose qui soit certaine (Cf. les
premiers résultats du modèle momagri, consultables sur www.momagri.org ),
c'est que la désorganisation actuelle des marchés va conduire à une extrême
volatilité des prix, avec des hauts insupportables pour les consommateurs
urbains et des bas insupportables pour les producteurs ruraux.
Je suis aussi d'accord avec Bernard LAYRE qui appelle à la mise en place
d'outil communautaire de gestion des stocks et des marchés, mais je doute que
l'OMC soit la bonne organisation internationale pour mettre en place de tels
instruments.
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*A quelles conditions les paysans du Sud peuvent augmenter leurs productions
>
?*
La première des conditions est politique : il est nécessaire que les
agriculteurs du Sud aient une rémunération et une visibilité suffisantes pour
investir dans les facteurs de production indispensable au développement d'une
agro économie durable. C'est d'ailleurs la même chose pour tous les
agriculteurs, où qu'ils soient. S'ils ne gagnent pas raisonnablement leur
vie, ils quittent la terre et vont grossir la demande dans les villes.
A partir du moment où l'organisation de politiques agricole donne des
perspectives aux ruraux, un cercle vertueux peut s'instaurer, avec un
accroissement de la production, qui permet d'investir dans de nouveaux
facteurs de production, qui permet de développer une agro industrie etc...
Pour en finir rapidement avec les émeutes de la faim actuelles, il faut bien
sur parer au plus pressé par l'aide alimentaire mais il faut surtout mettre
un terme à la spéculation qui a fait qu'un déficit de 30 millions de tonnes
de céréales (1,5% de la production mondiale) a pu conduire à des prix
multipliés par 2 voire 3 ou 4 sur des période courtes. Il est donc nécessaire
de relancer la production mondiale afin de reconstituer un niveau de stock
qui permette d'éviter les assauts des spéculateurs.
Pour en finir durablement avec la malnutrition dans les pays du Sud, il faut
développer leurs capacités de production, ce qui suppose de créer
l'environnement politique ad hoc.
Il n'y a pas d'antagonisme entre l'activation des capacités de production des
grands pays exportateurs et l'activation des capacités de production des pays
du Sud : elles sont toutes deux nécessaires si l'on veut "produire plus et
mieux" pour relever à la fois le défi alimentaire et le défi de la chimie
verte.
Cordialement
Jean-Claude GUILLON
- [nourrir] [trade] produire plus et mieux au Nord comme au Sud pour relever a la fois le defi alimentaire et le defi de la chimie verte, Jean-Claude GUILLON
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