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[nourrir] [gouv]une gouvernance mondiale pour des agricultures diverses


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  • Subject: [nourrir] [gouv]une gouvernance mondiale pour des agricultures diverses
  • Date: Fri, 30 May 2008 13:48:37 +0200

***Comment mettre en place une gouvernance internationale tenant compte de la 
diversité des agricultures?***

°°°Jean SEMAL, doyen honoraire de la Faculté agronomique de Gembloux - 
Belgique, répond à la question 6. Dans un premier temps, il rappelle qu'on ne 
peut pas raisonner l'agriculture sans considérer les interactions du secteur 
agricole avec le reste de la société: intérêts globaux des sociétés, 
allocation des ressources entre les différents secteurs (ressources 
naturelles, investissements, main d'oeuvre...). Dans un deuxième temps, Jean 
SEMAL souligne que les agricultures s'opèrent dans des contextes très 
différents au niveau planétaire, il faut donc les considérer dans leur 
diversité, il n'existe pas de solution universelle. Cette hétérogénéité 
explique pourquoi l'OMC a des difficultés pour gérer les questions agricoles 
à un niveau global. Toutefois, deux grands systèmes de production peuvent se 
distinguer:
- un système productiviste utilisant des génotypes exigeants dans des 
environnements contrôles
- un système exploitant les complémentarités du milieu avec des itinéraires 
techniques économes en intrants mais exigeants en main d'oeuvre
Ces deux systèmes sont contrôles par l'environnement dans lequel ils se 
développement, c'est pourquoi une éventuelle organisation mondiale de 
l'agriculture doit être régionalisée. Et c'est pourquoi aussi la "FAO 
restructurée" pourrait devrait la coexistence des différentes agricultures du 
monde. °°° 

Je considère qu'on ne saurait isoler les agriculteurs du monde des autres 
constituants des sociétés.
D'une part, les interactions sont fortes entre producteurs agricoles et 
consommateurs via les filières de valorisation, de transformation et de 
distribution. D'autre part, les sociétés ont des intérêts globaux où les 
différents secteurs d'activité , dont l'agriculture, doivent trouver leur 
place. Enfin,les ressources étant limitées, leur allocation devra être 
arbitrée entre les intérêts des différents secteurs pour assurer un usage 
adéquat des sols, de l'eau, des moyens de transport, des capacités 
d'investissement et, last but not least, de la main d'oeuvre.

S'agissant plus spécialement des agricultures (un concept qui englobe, mais 
qui ne se limite pas aux agriculteurs), il y a lieu de reconnaître que leurs 
activités  s'opèrent au  niveau planétaire  dans des conditions à ce point 
différentes  qu'il faut  considérer  l'éventail de leurs diversités, liées 
aux écotopes et aux agrotopes, comme une donnée fondamentale. Cet aspect se 
reflète particulièrement bien dans la contribution d'Edgard Pisani  transmise 
le 7 mai dernier. Cette hétérogénéité  fondatrice  explique notamment les 
difficultés qu'a l'OMC à gérer  les affaires agricoles.

Globalement, il convient donc de reconnaître la pluralité des modes de 
production. A cet égard, deux systèmes  organisationnels principaux se 
distinguent. L'un, productiviste, où des génotypes exigeants des organismes 
utilisés  sont placés dans des environnements contrôlés, grâce à des apports 
techniques très performants requérant des investissements importants. 
L'autre, qui peut être qualifié  de "biosystémique"  exploite davantage les 
symbioses naturelles entre agrosystèmes et anthroposystèmes, avec des 
itinéraires techniques limités en intrants et en investissements, mais 
capables de valoriser  une main d'oeuvre rurale riche en expériences locales. 
Ces deux pôles sont géographiquement  et sociologiquement connotés par leur 
environnement, ce qui requiert des systèmes de gouvernance  régionalisés de 
l'agriculture. C'est pourquoi une éventuelle  Organisation Mondiale de 
l'Agriculture  se devrait d'être décentralisée et régionalisée. C'est 
pourquoi aussi, la FAO restructurée, organe régulateur au niveau de la 
Communauté des Nations , conserverait en tout état de cause  un rôle 
fédérateur  essentiel à la bonne  coexistence planétaire des agricultures 
mondiales.


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