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[nourrir] [gouv] Regulation, stabilisation et fixation des prix agricoles


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  • Subject: [nourrir] [gouv] Regulation, stabilisation et fixation des prix agricoles
  • Date: Mon, 30 Jun 2008 14:15:25 +0200

Titre **Régulation, stabilisation et fixation des prix agricoles.**

°°° Georges DANDLAU réagit aux aux communications de JC Bureau (9 juin 2008) 
http://www.forums.nourrirlemonde.org/arc/agri-dev/2008-06/msg00032.html
et de S. Bainville (4 juin 2008) 
http://www.forums.nourrirlemonde.org/arc/agri-dev/2008-06/msg00012.html
°°°

Sur ces sujets, j’aimerai apporter quelques éléments de réflexion :

-Le plus important pour un agriculteur, c’est de pouvoir lui fournir des 
perspectives de prix et de rémunérations lui permettant à la fois d’orienter 
ses productions pour répondre à une demande (solvable) et d’investir dans son 
exploitation pour augmenter la productivité (principalement du travail dans 
les PED, mais ceci reste valable pour toutes les agricultures). Or, sans 
régulation, répondre à ce besoin fondamental me semble impossible compte tenu 
de l’instabilité qui s’est emparée des marchés des produits agricoles. Tous 
les agriculteurs dans les différentes parties du monde n’en sont pas au même 
niveau de développement et de productivité. Ils n’ont donc pas besoin des 
mêmes niveaux de sécurité concernant prix et rémunération et donc des mêmes 
systèmes de régulation. 

-Les systèmes de régulation doivent donc être adaptés aux différentes 
situations des différentes agricultures, des marchés auxquels s’adressent ces 
productions (nationaux, régionaux et internationaux) et du niveau de 
développement des pays. C’est ainsi que les agricultures des pays développés 
et des grands pays agro-exportateurs ayant acquis des niveaux de productivité 
élevés peuvent faire appel beaucoup plus facilement à des mécanismes de 
gestion de l’offre (stockage), de marchés et d’assurances grâce au poids 
économique de leurs organisations et dans une moindre mesure à l’intervention 
régulatrice des Etats.

Plus particulièrement concernant les pays en développement, plusieurs 
arguments pourraient être retenus pour justifier des politiques 
d’intervention et de régulation :

-« Les pays les plus pauvres doivent pouvoir protéger leurs marchés tant 
qu’ils n’ont pas atteint un niveau de développement suffisant »(1). Ceci est 
d’autant plus vrai pour les productions vivrières que ce type de régulation 
permet d’augmenter le niveau de sécurité alimentaire par un meilleur niveau 
d’autosuffisance alimentaire. Nécessitant une étroite collaboration entre 
Pouvoirs publics, organisations professionnelles et secteur privé, il doit 
être complété par d’autres mesures (accès au foncier, au crédit, à la 
technique, aux infrastructures, au stockage etc.) (2) permettant aux 
exploitants agricoles d’avoir une vision stabilisée et positive de leur 
avenir.  « L’adaptation à la mondialisation réclame de la durée, un long 
travail politique, social, et économique, et plus personne ne croit 
aujourd’hui qu’une simple libéralisation soit un substitut adéquat »(1). 

-En ce qui concerne les produits d’exportation autres que vivriers 
(nécessaires pour répondre aussi bien à des objectifs macro-économiques que 
micro-économiques), une relation entre prix payés et prix internationaux est 
hautement souhaitable pour répondre aux orientations du marché et ne pas 
tomber dans le travers des aides systématiques à l’exportation. 
Plusieurs mécanismes permettant de lier prix payés et orientation par le 
marché ont été testés : par exemple le système de lissage des prix du coton 
au Burkina Faso, alliant systèmes de prix annuels, mécanismes de 
stabilisation gérés par la profession, mécanismes d’assurances avec 
participation de l’Etat et des bailleurs de fonds internationaux. Ce système, 
même s’il ne répond que partiellement aux besoins de sécurisation du 
producteur, lui permet de prendre au moins annuellement les bonnes décisions 
de mise en culture. 
Naturellement, si un pourcentage plus important de coton pouvait être vendu à 
travers le système du commerce équitable, son niveau de sécurité serait 
fortement relevé. D’autres exemples existent comme celui des organisations 
professionnelles exportatrices de café en Amérique latine, qui en plus 
d’exporter une partie de leur production sous forme de commerce équitable, 
utilisent les mécanismes de marché (marché à termes, couverture risques de 
change, options) pour gérer les risques sur les marchés conventionnels.

A travers cet argumentaire et ces exemples, on voit bien que les mécanismes 
de régulation ne sont pas limités aux mécanismes de stabilisation et de 
fixation des prix. Ils doivent être adaptés aux types de production, aux 
objectifs et au niveau de développement des pays et de leurs agricultures, et 
donc faire partie des politiques sectorielles à mettre en place dans ce 
nouveau cadre international suscité par la crise actuelle. En prenant de 
l’ampleur (2), le commerce équitable peut devenir un élément significatif de 
régulation.

(1)Voir Alternatives Economiques. Hors Série n : 77. L’ouverture extérieure, 
clé du développement ? Christian Chavagneux. 
(2) Voir ma communication du 10 juin 2008 « Crise alimentaire et commerce 
équitable ». 
http://www.forums.nourrirlemonde.org/arc/agri-dev/2008-06/msg00030.html


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