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- Subject: [nourrir] Re Re[ecolo] [gouv] comment penser que les ressources sont EXTENSIBLES pour un monde en croissance?
- Date: Mon, 30 Jun 2008 14:24:21 +0200
Titre **De toute façon, c'est " changer ou disparaître ", Dumont, Illich,
Partant Ellul et les autres nous avaient prévenu...**
°°°Francois BARJON se présente et réagit aux contributions de Caroline DOS
SANTOS
http://www.forums.nourrirlemonde.org/arc/agri-dev/2008-06/msg00050.html
et de Jacques MARET
http://www.forums.nourrirlemonde.org/arc/agri-dev/2008-06/msg00062.html
. °°°
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Francois BARJON se présente
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Je m'appelle François Barjon. Je suis en stage de fin d'études de
l'ISARA-Lyon, je travaille sur des questions d'accès au foncier et
d'installation agricole avec Terre de Liens (www.terredeliens.org).
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Contribution
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Je suis vos contributions avec grand intérêt. N'ayant pas eu l'occasion
jusqu'ici de contribuer utilement au débat, je tiens cependant à émettre
quelques idées en réaction au mail de Caroline DOS SANTOS et de Jacques MARET.
Si l'idée de "décroissance" choque peut-être la majorité des gens, il me
semble beaucoup plus raisonnable de comprendre combien est absurde, infondée
et dangereuse une idéologie économiciste, progressiste et scientiste basée
sur la mythologie de la croissance indéfinie du PIB. Tout simplement parce
qu' "il ne peut y avoir de croissance infinie (de la production et de la
consommation) sur une planète finie (aux ressources limitée)".
L'idée de décroissance invite simplement à reconsidérer le développement
"tout économique" et "tout marchand" de notre société. Il s'agit de produire
moins, de consommer moins, voire de travailler moins, pour pouvoir user de
notre temps de vie à l'optimum: partager et mutualiser plus pour vivre mieux
(plus durablement et plus équitablement). Car pourquoi perdre sa vie à la
gagner? Les exclus de la mondialisation la perdent d'ailleurs sans rien
gagner!
Dans ce sens, au niveau alimentaire, quelques éléments peuvent être apportés.
Je m'en tiendrais à une idée touchant la consommation (thème largement abordé
à la journée "Parlons agriculture" du 21 mai dernier).
Je pense qu'il pourrait être "équitable" de limiter la consommation de
certains produits énergivores dans nos pays riches (légumes hors saison,
viandes issues d'élevages industriels, complétez la liste vous-mêmes!), et
cela pour les bienfaits de tous et de la planète.
Pourquoi ne pas instaurer par exemple des règles de rationnement (on y
viendra...)? Je vous renvoie à la lecture de l'article sur le "rationnement
désirable" de Paul Ariès dans le dernier numéro du mensuel La décroissance
(numéro 50, juin 2008, cf:
http://www.ladecroissance.net/?chemin=journal50#sommaire_numero
). En effet, considérant qu' "il ne peut y avoir de liberté sans loi" (comme
le disait très justement l'un de mes professeurs) et qu'actuellement
l'obésité gagne du terrain tandis que la faim progresse, la nécessité de
réguler devient criante (au risque de déplaire aux libéraux, qu'ils soient
irresponsables, idiots ou criminels...). Il pourrait bien apparaître comme un
enjeu de santé publique de limiter la consommation par exemple de la viande
issue d'élevages industriels... Notons que, finalement, les seuls qui en
pâtiraient seraient les actionnaires des grandes firmes, les employés
exploités de ces mêmes firmes et les agriculteurs industriels endettés
jusqu'aux dents... Qu'est-ce qu'on y perdrait? Par ailleurs, que quelqu'un
m'explique en quoi cette habitude relève de la valeur "liberté"? Avez-vous
oublié 1789??? " La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui
". Consommer de la viande tous les jours est nuisible à tous, qui plus est si
elle est industrielle. Alors, qu'est-ce qu'on attend pour changer?
Même sans rationner, pourquoi ne pas utiliser des taxations appropriées comme
outil de politique agricole au niveau européen pour réorienter à moyen terme
toute la production agricole. Il nous faut une Europe fiscale: commençons par
une vraie politique alimentaire européenne! Comment faire? Une typologie
détaillée des conséquences écologiques et sociales de chaque produit pourrait
être établie informatiquement, avec un système de critères (pollutions des
eaux, proximité du produit, gaz à effet de serre dégagés, salaires des
travailleurs, emplois créés, etc.) à pondérer. Le "score" de chaque produit
lui ferait subir une taxation à l'achat d'autant plus importante que les
conséquences de sa production seraient néfastes. Simple, non? Cela serait
absolument assorti de subventions aux moyens de production locaux,
biologiques, équitables et solidaires. Et ne dites pas que les caisses sont
vides!!! On fera comme Robin des Bois, il faut répartir les richesses:
taxation des capitaux spéculatifs! Plafonnement des salaires des dirigeants
économiques!! Nationalisation des services de bases (eau, énergie, transport,
santé, éducation, etc.)!!! Etc.
Les ressources technologiques sont toutes là aujourd'hui pour construire un
monde plus juste. Croire qu'il faut encore absolument chercher des
technologies nouvelles est une illusion scientiste. En effet, même si la
recherche (en agroécologie, en systèmes énergétiques, etc.) reste
indispensable, les solutions de nos maux civilisationnels seront politiques,
par l'organisation collective, mais avec une nécessaire transformation des
consciences. Et orienter les achats des populations peut contribuer à changer.
De toute façon, c'est " changer ou disparaître ", Dumont, Illich, Partant
Ellul et les autres nous avaient prévenu...
Vos remarques sont bienvenues.
Merci à ce forum d'exister!
François BARJON.
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